LESLIE
LAPORTE
painter

The artist
Leslie Laporte is a French painter born in 2001.
Initially working in a realistic style with acrylic paint, she stands out for her bold and provocative creative associations.
A graduate in History from the University of Artois, and later trained in the manufacture of luxury leather goods, it is painting that has always been her most intense passion. Today, she strives to deconstruct traditional symbolism, notably by exploring human sensibility in its relationship to beauty and disgust.
It is about twisting, distorting, dismantling our conceptions of reality in order to extract a new meaning from them.
About me
Passionate about art, especially drawing since my earliest childhood, I decided to devote myself body and soul to painting at the beginning of 2025. Until then, I had only touched brushes sporadically, and then abandoned them for long periods.
Although I had heard throughout my adolescence that I had "gold in my hands", I had never dared to consider the artistic path as a stable enough career, judging it too uncertain, volatile, unpredictable.
By chance I realized the importance of artistic expression and how it could change a professional life that was not fulfilling me.
She left me with a persistent desire to paint without ever stopping.
Inspirations
Une Charogne
Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux:
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s’élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.
– Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!
Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés !
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857
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